Sur la gestion des risques

De nombreux essais de définition ont été proposés au cours des ans. Nous retiendrons celle-ci : « Le risque-pays peut être défini comme le risque de matérialisation d’un sinistre, résultant du contexte économique et politique d’un Etat étranger, dans lequel une entreprise effectue une partie de ses activités » (2).
Le « sinistre » peut être causé soit par l’immobilisation d’actifs (par exemple, la confiscation de biens détenus à l’étranger), pour une entreprise multinationale, soit sous la forme d’une répudiation de dettes par un Etat souverain, pour une banque, soit par la perte d’un marché commercial, pour une entreprise exportatrice, soit même à travers une atteinte à la sécurité des personnes (rapt d’un expatrié).
De ce fait, le risque-pays peut englober deux composantes : d’une part, une composante « risque politique », résultant soit d’actes ou de mesures prises par les autorités publiques locales ou du pays d’origine, soit d’événements internes (émeutes) ou externes (guerre) ; d’autre part, une composante « risque économique et financier », qui recouvre aussi bien une dépréciation monétaire qu’une absence de devises se traduisant, par exemple, par un défaut de paiement. De plus en plus, ces deux sources de risque sont interdépendantes, ainsi que l’a montré la crise asiatique : l’Indonésie a connu des bouleversements politiques (chute de Suharto) qui ont entraîné des soubresauts économiques (effondrement de la roupie, arrêt des investissements étrangers), mais la crise politique avait elle-même, entre autres, des origines économiques (corruption généralisée, endettement excessif fragilisant le système bancaire local). Compte tenu de la croissance du commerce mondial (+ 6 % par an environ) et des investissements internationaux (3), les enjeux liés au risque-pays tendent à prendre une place primordiale dans les préoccupations des banques et des entreprises


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